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 Solidarité face à la situation du « Garrahan » et à la crise sanitaire et sociale en Argentine
24/06/2025

Solidarité face à la situation du « Garrahan » et à la crise sanitaire et sociale en Argentine

L’Hôpital pédiatrique national « Prof. Dr. Juan P. Garrahan » est une référence en matière de santé publique en Argentine. Parler du « Garrahan » c’est parler d’excellence et de développement. C’est une référence en Amérique latine et au niveau international. On peut parler d’une « philosophie Garrahan ».

Pour les Argentins et les pays du sous-continent, l’hôpital Garrahan revêt une importance particulière. Depuis sa création en 1986 jusqu’à son inauguration en 1987, cet établissement a été pensé par une équipe interdisciplinaire sélectionnée par concours public et ouvert aux meilleurs pédiatres d’Argentine. C’est un hôpital autogéré, public et gratuit, pionnier en matière de transplantations et de soins de haute complexité.

Le système de soins repose sur une prise en charge progressive, incluant les soins intensifs et intermédiaires, les soins palliatifs et 20 blocs opératoires. Le service des urgences regroupe les consultations externes et un laboratoire. Depuis les années 1990, sa complexité s’est accrue avec l’ajout de services de néonatalogie, de transplantation et de traitement des grands brûlés. Et le point d’orgue est récemment la chirurgie intra-utérine. Ces avancées sont incontournables et s’inscrivent dans le programme de diagnostic et de traitement fœtaux lancé en 2008.

L’hôpital héberge un important pôle d’enseignement et de recherche en pleine expansion depuis son ouverture (internes, médecins, stagiaires et formations spécialisées). Tout cela est accompagné par un service administratif et un service de maintenance adapté aux besoins de la grande complexité technique de cet établissement. Les professionnels y travaillaient de 35 et 42 heures et étaient rémunérés de manière décente.

Paru dans le quotidien La Nacion du 14 juin 2025 : « Ils ont joué un rôle essentiel dans le processus qui a permis de faire de cet hôpital pédiatrique hautement complexe un modèle pionnier, non seulement dans le pays et la région, mais aussi dans le monde. Ils soignent des enfants et des adolescents qui, en plus de souffrir de maladies graves, sont également confrontés à toutes sortes de difficultés. Aujourd’hui, ces professionnels partagent un sentiment commun « de profonde tristesse » et d’inquiétude face au conflit qui a placé le Garrahan au centre de l’attention et qui a atteint son paroxysme ces derniers jours. La profonde détérioration s’est aggravée depuis fin 2023, en raison d’un budget stagnant, de l’effondrement des salaires et de l’exode subséquent des médecins et autres spécialistes de la santé. »

Hôpital Garrahan

 

LES TÉMOIGNAGES

Aldo Haimovich, pédiatre et ancien coordinateur des soins intensifs de l’hôpital.

L’année dernière, un groupe de professionnels qui a eu le privilège de commencer la construction de l’hôpital il y a 38 ans a alerté, « avant qu’il ne soit trop tard », sur les risques de détérioration du principal hôpital pédiatrique d’Amérique latine. Aujourd’hui, malheureusement, l’hôpital Garrahan souffre d’une pénurie de ressources humaines, ce qui commence à l’empêcher de fonctionner normalement alors qu’il est nécessaire de prendre en charge des enfants atteints de maladies complexes ainsi que de former des professionnels de tout le sous-continent.

Ce qui a été mis en place durant plusieurs décennies, une institution modèle de santé publique qui a servi de référence pour la prise en charge des enfants atteints de maladies complexes, s’effondre en raison d’un plan systématique visant à détruire la santé publique en Argentine.

Ces lignes, écrites par une patiente ayant vécu de près les soins prodigués à sa patiente, nous encouragent à poursuivre le combat : « HÔPITAL GARRAHAN, MERCI DE M’AVOIR SAUVÉ LA VIE. À MON TOUR DE VOUS DÉFENDRE BEC ET ONGLES ET DE VOUS RENDRE UN PEU DE CE QUE VOUS M’AVEZ DONNÉ.»

 

Stella Maris Fernández, Maîtrise en gestion des services et soins infirmiers, et ancienne directrice adjointe des soins infirmiers de l’hôpital.

Je tiens à souligner que les infirmières, en tant que membres fondamentaux de l’équipe interdisciplinaire, ont dû relever le défi de travailler à l’hôpital et assumer des responsabilités liées aux différentes dimensions de la prestation de soins : assistance, formation, administration et recherche.

Pour relever ce défi, les infirmières, qui, à l’ouverture, étaient principalement des aides-soignantes et des techniciennes, avec très peu de diplômées, ont dû suivre des formations. Les étapes importantes à retenir sont les suivantes. En 1994, plus aucun aide-soignant n’a rejoint l’établissement, et la professionnalisation de celles qui y travaillaient a été facilitée par des accords entre l’hôpital et les établissements d’enseignement. En 2005, face aux protestations et aux grèves, les autorités ont décidé de former un comité composé de cadres et d’aides-soignantes afin de développer le programme de soins infirmiers de l’hôpital. L’objectif fondamental était la reconnaissance des diplômées comme professionnelles et leur inclusion dans cette catégorie. En 2006, le programme de soins infirmiers a été approuvé par voie de négociation collective, avec la reconnaissance de l’Organisation Panaméricaine de la Santé et des associations d’infirmières.

 

Rosy Serviddio, technicienne chimiste retraitée de l’hôpital

L’hôpital a été créé pour offrir l’excellence dans tous ses services de soins publics gratuits. Il en est ainsi depuis le 25 août 1987. L’année dernière, un processus de détérioration généralisée de son fonctionnement s’est amorcé, en raison d’une volonté politique affichée de détruire la santé publique. Cette détérioration a commencé par l’incapacité à remplacer le personnel partant à la retraite, suivie par la chute des salaires du personnel actif et la démission de ceux qui cherchaient des emplois mieux rémunérés à l’extérieur, ce qui a entraîné une fois de plus un manque de personnel. Des tentatives de privatisation et/ou d’externalisation des services sont en cours pour finalement le privatiser.
La gravité de la situation nous touche, comme la majorité de la société argentine. Notre combat pour la défense de la santé publique, et en particulier de notre cher hôpital, est un objectif primordial, car les personnes touchées sont des enfants atteints de maladies graves et sans autre option de soins.

 

Nous voulons que l’irremplaçable Garrahan continue d’être excellent, public et gratuit.

Dans un hôpital où sont pratiquées 600 000 consultations, 11 000 interventions chirurgicales et 110 transplantations par an, avec 557 lits, dont 110 en soins intensifs.
Rien n’est plus précieux que ses 7000 travailleurs spécialisés et stagiaires au service de la santé des plus faible, les enfants. Jamais la santé ne devrait être une variable d’ajustement économique.

Cet appel à la solidarité est lancé par toutes les équipes de l’hôpital Garrahan.
Il doit être entendu et largement diffusé.

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